Déjà en application concernant le résidentiel, la nouvelle norme énergétique 2020  est entrée en vigueur depuis le 1er juillet dernier pour les constructions de bureaux, suite au décret publié le 01 mars 2022. Les autres typologies de bâtiments, tels que les commerces, restaurants, bâtiments industriels ou artisanaux seront concernés courant 2023. En attendant, ces constructions relèvent toujours de la Réglementation thermique 2012.  

Principaux objectifs de la Réglementation énergétique 2020

Cette nouvelle réglementation répond aux engagements que s’est fixé la France pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Elle a pour ambition de réduire drastiquement la pollution et la consommation énergétique des bâtiments, en divisant par 4 leurs émissions. En effet, le secteur du bâtiment est l’un des plus gros pollueurs. Selon le ministère de la Transition écologique et Solidaire, il a généré en France 227,5 millions de tonnes de résidus polluants durant l’année 2014. Rappelons qu’il représente 44% de l’énergie consommée du pays et 25% des émissions de CO2. L’une des pistes pour que les secteurs du bâti et de la construction atteignent la sobriété énergétique est la mise en place de la RE 2020. Elle prend le relais de la RT 2012 mais en ayant des attentes plus ambitieuses et plus exigeantes. Son champ d’action se concentre sur les constructions neuves en ayant pour but d’améliorer la performance énergétique et le confort des bâtiments tout en diminuant leur impact carbone. Elle s’articule autour de plusieurs exigences de résultat :

– Limiter la consommation d’énergie primaire 

– Réduire les répercussions sur le changement climatique associé à ces consommations

– Diminuer l’impact des composants du bâtiment et des consommations sur le changement climatique

– Garantir le confort dans les bâtiments durant la période estivale en cas de fortes chaleurs

Pour répondre à ce défi, la RE 2020 affecte toute la chaîne de valeur de la filière. Chaque acteur [architectes, bureaux d’études, promoteurs, constructeurs, fabricants de matériaux, fournisseurs d’énergie, gestionnaires de bâtiments] devra inclure la performance climatique des constructions sur l’ensemble de leur cycle de vie au travers un cahier des charges strict.

A quoi ressemblera le bureau du futur  ?

Sans donner de mode d’emploi précis, le décret fixe les niveaux d’exigence de consommations énergétiques et d’impact sur le changement climatique à ne pas dépasser. À l’image des maisons passives, l’isolation fait partie des priorités de cette nouvelle norme énergétique. Ainsi, les bureaux de demain auront des murs plus épais pour améliorer la performance énergétique. Le chauffage aux énergies fossiles sera abandonné au profit de l’isolation qui devra assurer le confort été comme hiver des usagers afin de limiter l’usage de la climatisation et des radiateurs. L’objectif sera que ces nouveaux bâtiments produisent plus d’énergie qu’ils n’en consomment. Ces bureaux feront la part belle à l’aération naturelle pour garantir la qualité de l’air. L’orientation devra également être prise en compte afin de résister aux épisodes de canicule. La réglementation prévoit également la réduction des bruits extérieurs comme intérieurs en lien avec le  fonctionnement des équipements. Enfin, les professionnels de la construction devront utiliser des matériaux peu émissifs et bio sourcés pour réduire l’empreinte carbone et faire appel à des procédés écologiques.

Quels seront les bénéfices pour les entreprises ?

Si les hypothèses de calcul de cette réglementation se confirment à l’usage, le bénéfice principal de ces nouveaux bureaux sera un coût énergétique extrêmement faible voire proche de zéro. En effet, la performance de l’isolation a pour ambition d’assurer un confort d’été comme d’hiver pour les occupants en leur offrant des températures agréables, sans avoir trop besoin de chauffer ou de climatiser. Bien entendu, le coût de construction s’en trouvera plus élevé, mais il se verra compensé par les économies d’énergie. L’autre avantage de ces futurs bâtiments tertiaires permettra de garantir le bien-être professionnel des usagers grâce à leurs procédés constructifs (matériaux agréables, lumière naturelle, qualité de l’air, confort thermique et acoustique…). En cette période où certains recrutements peuvent s’avérer difficiles, il s’agit d’un véritable gage d’attractivité afin d’attirer les bons profils et encore plus pour les fidéliser. A ce stade, les bénéfices envisagés restent prévisionnels. Même si chacun espère évidemment qu’ils seront atteints en matière de confort des lieux de travail et de performance des immeubles. Dans la réalité, beaucoup de choses vont reposer sur le comportement des utilisateurs et sur la météo estivale. 

En parallèle de la RE 2020, le parc existant est soumis au décret tertiaire visant lui aussi l’amélioration du bilan carbone et des performances des bâtiments anciens.

Voir notre livre blanc sur décret tertiaire

Et pour aller plus loin sur la RE 2020 : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000045288020